20 janvier 2011 - Témoignages


La méthanisation, une affaire d’agriculteurs

Sensible au développement des unités de méthanisation, la FRCuma organisait, jeudi 13 janvier, une réunion d’information sur ce procédé, vecteur de revenus supplémentaires pour l’exploitant.

«Je suis très attaché à ce que la méthanisation soit détenue par les agriculteurs, elle constitue une diversification de revenus très importante. L’agriculteur n’est pas condamné à être un producteur de matières premières basiques, il a le droit d’avoir un destin de chef d’entreprise », a martelé Matthieu Breusse, en ouverture de la réunion sur la méthanisation organisée par la FRCuma, le 13 janvier à La Crèche.

Ce céréalier du Cher et PDG de Ledjo Energie, société spécialisée dans le développement de projets de méthanisation, a cependant mis en garde l’assistance sur les pièges à éviter. Et a fortement insisté sur la nécessité de contractualiser, bannissant la poignée de main au beau milieu de la cour d’une ferme qui aurait valeur de contrat. « Il faut de la matière première en quantité et de qualité et les fournisseurs de ladite matière doivent être capables de s’engager par contrat. Là est la première étape de la mise en place d’un projet de méthanisation. Si pas de matière, pas de projet. » Suivent alors l’étude de faisabilité et le choix du constructeur pour lequel là encore, « il faut imposer un contrat de construction et ne pas hésiter à lancer un appel d’offres », alerte le céréalier. Ensuite il faut obtenir les autorisations et trouver un financement pour un projet dont le coût avoisine souvent les 5 millions d’euros. Et de conclure : « La méthanisation, il y a tout à faire mais ne vous jetez pas dans les bras de n’importe qui et surtout restez indépendants ».

Une indépendance à laquelle goûte depuis quelques années Denis Brosset, agriculteur vendéen, venu témoigner de son expérience. Il parvient même à gagner plus en travaillant moins : « L’un des objectifs avec la méthanisation, outre la création de revenu et la préservation de l’environnement, était de générer du temps libre ». Et c’est un pari réussi pour cet éleveur du GAEC Le Bois Joli puisque, de quatre jours de repos annuels, c’est aujourd’hui de trois semaines de vacances par an et d’un week-end sur deux de libre par mois dont lui et son associé peuvent jouir. Le tout complété par un gain annuel tiré de l’unité de production de biogaz de 42 790 euros (vente d’électricité, économies de chauffage…) Quant au temps de travail nécessaire au fonctionnement de l’unité de production, il l’évalue à une journée en moyenne toutes les trois semaines. « C’est un plaisir et en plus, c’est la seule production de l’exploitation qui a un prix fixe car indexé sur l’inflation », conclut-il.

A noter
Les agriculteurs du Poitou-Charentes qui souhaitent s’informer et s’inscrire dans une dynamique de groupe peuvent contacter Jean-Marc Morcet, chargé de mission Energie et environnement à la Fédération régionale des CUMA, par mail (jean-marc.morcet@cuma.fr) ou au 05 49 44 74 33.

Delphine Peronnet

Un nouvel acteur dans le monde du biogaz : Holding Verte

Energie plus - 19/05/2009

Holding Verte est un nouvel acteur dans le monde du biogaz. Portée par des investisseurs séduits par les projets de méthanisation, la jeune société a levé près d'1,5 million d'euros et vise l'installation de 50 MW d'ici cinq ans.
Interview de Frédéric Flipo, cofondateur et associé de Holding Verte

Energie Plus : Pourquoi avoir créé Holding Verte ?

Frédéric Flipo : Nous sommes une équipe d'investisseurs qui avaient l'habitude de travailler sur des portefeuilles d'investissements cotés, notamment dans les énergies renouvelables et plus particulièrement en Allemagne et en Scandinavie. Nos investisseurs étaient de plus en plus intéressés par les sociétés "vertes" et nous ont demandé d'identifier un secteur pertinent: nous avons à ce titre choisi le biogaz. Avec un spécialiste des PME, nous avons donc créé en mai 2008 une société portant des investissements dans des projets de méthanisation. Nous allions finance et technique pour constituer un portefeuille d'unités en milieu agricole et industriel afin de devenir un producteur d'électricité renouvelable.

 

Holding Verte finance des projets de 0,5 à 2 mégawattheures

Les Echos - 18/05/2009

Aide à la conception.

Les ambitions de Holding Verte ne se limitent pas au seul financement du projet de Marnay. A un horizon de cinq ans, la société se fixe comme objectif de détenir des participations dans des projets d'une puissance cumulée supérieure à 50 mégawattheures. Les projets dans lesquels elle est prête à s'engager doivent avoir une puissance installée de 0,5 à 2 mégawattheures. « Les plus petites unités, type méthanisation à la ferme, sont à peu près impossible à rentabiliser », explique André May. « Pour identifier de nouveaux projets, poursuit-il, Holding Verte va s'appuyer sur le bureau d'études de Matthieu Breusse au capital duquel nous sommes entrés. » De fait, Holding Verte vient de s'engager dans un deuxième projet avec un autre agriculteur de l'Indre. Par ailleurs, la société mène une démarche systématique d'identification de gisements de matières premières notamment auprès de l'industrie agroalimentaires. C'est aussi grâce à son association avec Ledjo que Holding Verte peut se prévaloir de la conception de projets (étude préalable, dimensionnement, démarches administratives...). Enfin, Holding Verte propose une assistance à la maîtrise d'ouvrage et bien sûr un financement. C'est d'ailleurs pourquoi la société cherche actuellement à renforcer ses fonds propres.

C. D., Les Echos

La biomasse, l'autre énergie renouvelable

La Tribune - 12/05/2009 à 01:00 - 430 mots

Holding Verte entame la constitution d'un portefeuille de centrales de méthanisation et vise 50 mégawatts en 2012.

Nous recevons désormais des appels d'agriculteurs qui commencent à s'intéresser à la biomasse », se félicitent Frédéric Flipo et Lionel Le Maux, cocréateurs en 2008 avec André May de la société Holding Verte. Ces professionnels de la gestion d'actifs, eux aussi, ont vu poindre l'opportunité biomasse. Le relèvement en 2006 des tarifs de rachat par EDF, aujourd'hui de 14 à 16 centimes d'euros le kilowattheure pour des contrats de quinze ans, a servi de déclencheur.

Holding Verte, SAS au capital de 1.341.120 euros, vise la constitution d'un portefeuille d'unités de méthanisation. Résidus agricoles, déjections animales, déchets de tonte, marc ou jus de distillerie, lactosérum (ou petit-lait), peuvent être transformés en énergie, tout comme certains déchets de l'industrie agroalimentaire et même des boues de station d'épuration. Après fermentation dans un digesteur, ces déchets donnent à la fois des digestats et du méthane. Les premiers forment un engrais, d'ailleurs autorisé pour l'agriculture biologique en Allemagne, pays précurseur avec quelque 4.000 unités de méthanisation sur les 6.000 implantées sur le sol européen. En alimentant des turbines, le second se transforme pour partie en électricité (rachetée par EDF) et pour partie en chaleur, également valorisée et vendue aux industriels ou agriculteurs alentour. Chaque unité centralise les approvisionnements en déchets dans un rayon de 30 kilomètres, pour ne pas annihiler les bienfaits écologiques de la méthanisation par la pollution liée au transport.

Pacte d'actionnaires

Marnay Énergie, la première unité en cours de construction à Feux (Cher), qui devrait produire, dès 2010, l'électricité pour la moitié du canton de Sancerre (soit 1 MW), est codétenue par Holding Verte (34 % du capital) et par l'exploitant Mathieu Breusse, un important céréalier de la région Centre. C'est sur cette même base du co-investissement que vient d'être signé un deuxième contrat près de Châteauroux et que sont en cours d'autres projets. Le principe est toujours le même : signature d'une exclusivité entre Holding Verte et le porteur de projet, sécurisation de gisements locaux de matières premières, dimensionnement de l'unité de méthanisation, dépôt et suivi du permis de construire et de l'IPCE (installation classée pour la protection de l'environnement). Le pacte d'actionnaires passé avec le porteur de projet prévoit une sortie à cinq ou sept ans auprès de groupes énergétiques, entreprises de services aux collectivités, fonds d'investissement, voire de la Bourse. Pour atteindre son objectif de 50 MW d'ici à 2014, Holding Verte compte sur les compétences et les carnets d'adresses de son partenaire Ledjo Énergie (créé par l'exploitant de Feux) et de sa nouvelle recrue venue de la Mutualité sociale agricole, ainsi que sur son réseau d'apporteurs d'affaires. Et sur la prime au premier entrant, synonyme d'accès aux meilleurs projets. n

Dominique Pialot

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